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De l'autre côté, il y pousse des steppes arides et des maquis et encore plus à l'est, on y retrouve le chanvre , qui n'est cependant pas récolté [réf. Le sultan finit néanmoins par abdiquer en au profit de son neveu Abd ar-Rahman ibn Hicham , après la lourde défaite infligée à l'armée makhzen par la zaouia Cherradia près de Marrakech [ 79 ]. De leur forteresse de Tazouta, entre Melilla et la Moulouya, les Beni Wattas ont peu à peu étendu leur puissance aux dépens de la famille régnante mérinide voir l'article détaillé sur les Wattassides. Cela pousse Charles II à faire évacuer la place, qui est prise par les troupes marocaines du sultan Moulay Ismail en L'exemple le plus connu des nouvelles places économiques est Mogador Essaouira , entièrement crée et conçue par l'ingénieur français Théodore Cornut pour le compte du souverain chérifien. En effet, les pays anglophones africains introduisent les chiffres des passagers du Métro et des trains de banlieue alors que le transport passagers longues distances est quasiment réduit à néant depuis l'arrivée des autoroutes dans ces derniers. Si au départ leurs enseignements sont plutôt bien accueillis, leur austérité et leurs méthodes radicales instruments de musique et habits de couleurs vives bannis finirent par lasser.

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Découvrir Relation client enrichie Différenciez-vous avec des services digitaux innovants et personnalisés. À Tlemcen , Abu Inan Faris est alors intronisé. La baisse des recrutement dans la fonction publique engendra des manifestations énormes de jeunes diplômés devant le parlement séparés par les forces publiques parfois de façon répressive. De cette période troublée émerge la personnalité du sultan Abdallah II , renversé et rétabli à plusieurs reprises entre et Le nom anglais Morocco provient des noms espagnol et portugais Marruecos et Marrocos. Néanmoins la capitale administrative demeure Tingis future Tanger , siège du procurateur , le gouverneur de la province qui a le statut de chevalier romain.

Son assassinat entraîne un soulèvement de la Maurétanie Tingitane, sa province d'origine où sa popularité était grande parmi les tribus locales. En , près de Vandales venus de Germanie traversent le détroit de Gibraltar et débarquent à Tingis, mais dans leur course vers Carthage et vers l' Afrique proconculaire , ces envahisseurs ne contrôlent que le littoral méditerranéen de la Maurétanie. Un siècle plus tard, les Byzantins commandés par le général Bélisaire , anéantissent le royaume vandale et s'emparent d'une partie de l'ancienne province de Tingitane, se heurtant toutefois aux Maures du roi Garmul , dont le pouvoir s'étend d' Altava jusqu'à Volubilis.

Le gouvernement de Constantinople , sous Justinien I er , crée dans le Nord marocain la province de Maurétanie Seconde, qui englobe les cités de Tanger , Ceuta , Lixus , ainsi que l' Espagne byzantine , et dépend directement de l' Exarchat de Carthage. Cette occupation byzantine, perpétuellement menacée par les Wisigoths d'Espagne et par les Maures, va cependant subsister jusqu'à la conquête musulmane du Maghreb au début du VIIIe siècle.

En , débute la conquête du Maghreb par les troupes arabes. C'est 35 ans plus tard que ces troupes pénètrent véritablement dans le territoire marocain.

Les tribus berbères installées aussi bien dans les contreforts montagneux de l'Atlas et du Rif que dans les fertiles plaines atlantiques soutiendront dans un premier temps les Byzantins installés sur les côtes méditerranéennes qu'ils préféreront aux Arabes notamment à cause d'erreurs diplomatiques. La destruction des installations byzantines aux alentours de l'an aura finalement raison de la résistance berbère qui se convertira dès lors à l' islam apporté par les conquérants arabes.

Dès les débuts de la conquête musulmane du Maghreb , les Kharijites originellement basés en Irak envoient des représentants au Maghreb pour tenter de rallier les populations berbères.

Les Berbères accoutumés au système de communauté égalitaire et supportant mal la domination arabe, finissent par trouver dans le kharijisme un redoutable moyen de contestation politique. En , Maysara , mandaté par les populations du Maghreb Al Aqsa, conduit à Damas une délégation auprès du calife Hicham pour présenter les doléances des Berbères: Les plaintes parviennent au calife omeyyade qui ne donne pas suite, ce qui déclenche une insurrection à Tanger.

Le gouverneur d'Espagne Uqba ibn al-Hajjaj intervient en personne mais ne parvient pas à reprendre Tanger, tandis que Maysara s'empare du Souss dont il tue le gouverneur. Puis Maysara, se conduisant comme un tyran, est déposé et tué par les siens, et remplacé par Khalid ibn Hamid al-Zanati. Elles sont battues par les Berbères sur les rive du Sebou en octobre [ 28 ].

Le gouverneur égyptien Handhala Ibn Safwan intervient à son tour et arrête les deux armées kharidjites au cours de deux batailles à Al-Qarn et à El-Asnam actuelle Algérie alors qu'elles menaçaient Kairouan actuelle Tunisie printemps [ 29 ]. Quand survient la chute des Omeyyades de Syrie , l'ouest de l'Empire échappe totalement au pouvoir central damascène. L'Espagne revient aux émirs omeyyades de Cordoue et le Maghreb se morcelle en plusieurs petits États indépendants de à L'histoire des Idrissides est indissociable de la personne d' Idriss I er , descendant d'Ali et de Fatima, gendre et fille du prophète de l'islam Mahomet , qui fuyant les massacres dont était victime son entourage et sa famille vint se réfugier dans le Moyen Atlas , à Volubilis , ancienne cité romaine déchue.

Obtenant l'aval des tribus locales, il fonda en la ville de Fès dans la plaine du Saïss dont il fit la capitale de son nouveau royaume proclamé en Assassiné par un envoyé du calife Haroun ar-Rachid , son fils Idris II lui succède après une régence.

Il étend sa capitale ainsi que son royaume et avance au-delà de Tlemcen , pris par son père dès et assujettit de nombreuses tribus Zenata. Son successeur Mohammed fera construire la prestigieuse mosquée Quaraouiyine , qui abrite la plus ancienne université encore en activité dans le monde. À cette période, Fès devient un des principaux centres intellectuels du monde arabe et attire d'éminents scientifiques et théologiens.

Le royaume idrisside étend régulièrement ses frontières mais se retrouve menacé par la puissante dynastie des Fatimides à l'est. En , les Fatimides et leurs vassaux d' Algérie poussent les Idrissides à se réfugier en Andalousie. Les états de Sijilmassa dans le sud et de Nekor dans le nord se maintiennent et gagnent de l'ampleur durant cette période.

Les Barghawata ou encore Barghwata ou Berghouata forment un émirat berbère, appartenant au groupe de l'ethnie des Masmoudas. La particularité de cet État est de créer une religion purement berbère, s'appuyant sur un livre saint inspiré du Coran , et dirigé par un gouvernement théocratique fixant les rituels d'un nouveau culte empruntant à la fois à l' islam , au judaïsme et aux antiques croyances locales. Les Barghwata maintiennent leur suprématie dans la région des plaines atlantiques durant quatre siècles, et entretiennent des relations diplomatiques et commerciales avec le califat omeyyade de Cordoue qui voit probablement en eux des alliés potentiels contre les Fatimides et leurs alliés zénètes.

Il semble que sur les vingt-neuf tribus constitutives de ce royaume, douze aient adopté réellement la religion barghwata, les dix-sept autres étant restées fidèles au kharijisme [ 31 ] , [ 30 ]. Un émirat fondé par les Zénètes émerge dans la région du Tafilalet à partir de Dirigé par la dynastie des Midrarides dont le fondateur est Semgou Ibn Ouassoul , il prend pour capitale la cité de Sijilmassa. Ce royaume professe officiellement le kharidjisme de rite sufrite mais finit par reconnaître à partir de la suprématie religieuse du califat sunnite des Abbassides.

Les Midrarides se consacrent cependant à maintenir une alliance avec les autres États kharidjites, comme le royaume des Rostémides de Tahert , et à établir un fructueux commerce caravanier de l'or avec le royaume du Ghana , à l'époque maître des plus importants gisements aurifères de l' Afrique de l'Ouest. C'est précisément cette position de débouché de l'or africain qui excite les convoitises des Omeyyades et des Fatimides qui s'affrontent pour sa domination.

Ce sont finalement les Almoravides qui s'emparent du royaume midraride en Par la suite, la fondation de Marrakech éclipse définitivement le prestige de Sijilmassa. L'histoire des Idrissides commence lorsqu'un prince arabe chiite de la famille d' Ali quatrième calife de l' islam et son affranchi Rachid Ben Morched El Koreichi se réfugient dans le Moyen Atlas.

Fuyant la menace des Abbassides qui avaient massacré des Alides et leurs partisans chiites lors de la bataille de Fakh près de la Mecque , ils séjournent en Égypte avant de s'installer à Walilah Volubilis , sous la protection de la tribu berbère des Awarbas. Parvenant à rallier les tribus à sa cause, Idriss est investi Imam et fonde la ville de Fès en sous le nom d' Idriss I er.

C'est le début de la dynastie des Idrissides. Idris I er est assassiné par un émissaire du calife abbasside Haroun al-Rachid , un certain Sulayman al Zindhi. Ne se doutant point que la femme d' Idris I er Kenza al-Awrabiya est enceinte, le maître de Bagdad pense que la menace est vaincue. Mais quelques mois plus tard, naît Idris II. Son éducation a été confiée à l'affranchi de son père, Rachid.

Onze années plus tard, Idriss II est proclamé Imam des croyants. Au fil des années son sens pour la politique s'affirme nettement et il réussit à fédérer un plus grand nombre de populations. La puissance du corps militaire qui se professionnalise et dans lequel s'engagent notamment des Kaisites issus des tribus du nord de la péninsule Arabique lui permet de développer et d'étendre le noyau de principauté dont il avait hérité.

Le royaume idrisside englobe ainsi toute la portion de territoire s'étendant de Tlemcen à l'est jusqu'au Souss au sud. Il semble que la dynastie idrisside, du moins à ses débuts, ait professé le chiisme et plus précisément le zaïdisme , réputé être le plus modéré des rites chiites [ 32 ]. Se considérant à l'étroit à Walilah , Idriss II quitte l'antique cité romaine pour Fès , où il fonde le quartier des Kairouanais également appelé Al-Alya sur la rive gauche de l'oued Fès Idris I er s'était établi sur la rive droite, le quartier des Andalous.

Les Kairouanais sont issus de familles arabes orientales et arabo-persanes originaires du Khorassan établies en Ifriqya depuis l'époque abbasside. Elles sont expulsées de Kairouan en raison des persécutions politiques que leur infligent les Aghlabides et notamment l'émir Ibrahim I er. Les Andalous qui s'installent à Fès sont quant à eux des opposants aux Omeyyades , originaires des faubourgs cordouans qui s'étaient révoltés contre l'émir omeyyade d'Al-Andalus Al-Hakam Ier notamment du faubourg de Rabad, d'où le nom de Rabadis attribué aux éléments de cette première vague d'immigration andalouse au Maroc [ 33 ].

Le royaume idrisside connaît une importante phase d'urbanisation, illustrée par la création de villes nouvelles comme Salé , Wazzequr, Tamdoult et Basra , cette dernière inspirée de la Basra irakienne. Ces nouveaux centres sont des foyers de diffusion de culture arabe et des vecteurs d'islamisation en pays profondément berbère [ 34 ].

La fondation de la mosquée Al Quaraouiyine en , qui abrite également une université homonyme , assure à Fès un rayonnement qui fera participer la cité idrisside à l' Âge d'or islamique des sciences, des arts et des lettres, aux côtés de métropoles aussi prestigieuses que Cordoue , Le Caire et Bagdad. À cette même époque, les Vikings venus de la lointaine Scandinavie et menés par Hasting et le prince suédois Björn Ironside , attirés par les ressources potentielles de l' Afrique du Nord , se signalent par leurs incursions dévastatrices sur les côtes du Maroc notamment dans les régions d' Asilah et de Nador [ 35 ].

L'historien et géographe andalou Al-Bakri désignera les envahisseurs vikings par le terme de Majus et relatera particulièrement leurs exactions contre le royaume des Banu Salih de Nekor dans le Rif [ 36 ]. En , les Idrissides perdent tout pouvoir politique au Maroc et sont massivement exilés en Al-Andalus.

Installés à Malaga , ils récupèrent peu à peu leur puissance, au point d'engendrer une dynastie pendant l' époque des taïfas , les Hammudites. Ces derniers vont jusqu'à revendiquer la fonction califale à Cordoue en remplacement des Omeyyades déchus en [ 37 ]. Pendant la conquête, ces trois confédérations zénètes, les Maghraouas, les Banou Ifrens et les Meknassas , fondèrent chacune un royaume autour de leur zone d'influence mais assez rapidement, leurs points de vue divergèrent, provoquant une instabilité sur l'ensemble du territoire.

Les diverses tribus maghraouas étaient tantôt alliées aux Omeyyades tantôt aux Fatimides. Les Banou Ifrens demeurèrent réfractaires à toute alliance avec les puissances arabes. Les Fatimides profitent de ces divisions entre les trois confédérations zénètes et envoient les Zirides de l' Ifriqiya pour conquérir le Maghreb el Aksa le Maroc actuel.

Le Ziride nommé Ziri ibn Menad réussit à conquérir une partie du Maroc actuel. En , son fils Bologhine ibn Ziri affirme sa souveraineté sur la majorité des villes importantes. Durant cette période, les Berghouatas confédération tribale masmouda et sanhadja seront donc attaqués par les Zirides.

Les Maghraouas demandent l'aide des Omeyades. Ces derniers acceptent enfin d'aider les Zénètes à reconquérir les territoires, en particulier ceux des Maghraouas de l'ouest du Maghreb. Bologhine ibn Ziri est contraint de reculer devant l'armée omeyyade venue d' Andalousie par voie maritime et qui s'installe à Ceuta [ 39 ]. Une lutte au pouvoir sera acharnée entre les fractions zénètes. Les Banou Ifrens attaquent les Berghouata et prennent plusieurs fois Fès, place forte maghraoua.

Ces derniers rétabliront finalement l'équilibre du Maghreb el Aksa [ 39 ]. Les Zénètes seront évincés par les Almoravides du Maghreb el Aksa [ 40 ]. De tout temps, les Zénètes étaient seuls maîtres des routes et du commerce dans la région. Cette période est caractérisée par une certaine prépondérance des pratiques démocratiques tribales, comme ce fut déjà le cas deux siècles auparavant lors des révoltes kharijites [ 41 ]. Les Zénètes ont démontré par leur histoire qu'ils pouvaient négocier avec toutes les tribus au Maghreb.

Plusieurs alliances et traités ont été élaborés pendant cette période. La construction s'est développée et plusieurs villes ont connu un véritable essor construction de mosquée [ 42 ] , de kalaâ, ksours, etc. Ils restent maitres des régions qu'ils ont conquises et des villes qu'ils ont fondées et exerceront périodiquement le pouvoir à Fès [ 45 ].

Vaincus par les Almoravides dès , ils perdent tout pouvoir pendant le règne de ces derniers. Vers , les Banou Ifren chasseront les Mérinides du Maghreb central et établiront de nouveau leur pouvoir à Tlemcen [ 46 ]. Les Lemtouna, Massoufa et Goddala ou Gadala, lointains descendants des antiques Gétules , tous trois membres de la confédération Sanhaja et islamisés deux siècles et demi plus tôt, guerroient et vagabondent régulièrement en direction du sud où ils menacent l' empire du Ghana et d'autres États soudano-sahéliens animistes.

Là bas, il prend conscience de la nécessité de parfaire l'islam de ses congénères des régions de l'Adrar. En halte à Kairouan , il tente pour cela d'obtenir un appui logistique de la part d'éminences religieuses locales, mais sans résultat. Ce sera dans la région de Taroudant qu'un dénommé Ou Agg ben Zellou lui indiqua l'existence d'un prédicateur dans le désert, un certain Abdallah Ibn Yasin originaire du Sud marocain.

Yahya Ibn Ibrahim et Abdallah Ibn Yasin s'en retournèrent donc tous deux dans l' Adrar convertir les Djoudala tribu des Lemtouna au malékisme puritain. Si au départ leurs enseignements sont plutôt bien accueillis, leur austérité et leurs méthodes radicales instruments de musique et habits de couleurs vives bannis finirent par lasser.

Yahya Ibn Ibrahim et Abdallah Ibn Yasin errèrent donc dans le désert et s'en allèrent donc fonder un ribat sur l'île de Tidra entre la baie du Lévrier et le cap Timiris. Le climat d'exaltation mystique qui régnait au couvent militaire attira de nombreux fidèles de toutes les contrées du Sahara occidental et même au-delà. De à , les Almoravides conquièrent tout l'ouest du Sahara et tournent leurs regard vers le nord. Dès lors l'expansion des Almoravides est irrésistible.

Aoudaghost , place forte de l' empire du Ghana et importante étape du commerce transsaharien est prise et détruite. L'année suivante, c'est au tour de Sijilmassa de céder à la pression almoravide et de voir ses maîtres Zénètes impitoyablement exterminés. La même année , Taroudant et le Souss entier alors aux mains de tribus chiites vassales des Fatimides se rendent aux envahisseurs sahariens. Les Almoravides n'ont alors qu'une idée: Néanmoins, les combats contre les hérétiques Berghouata s'éternisent et s'avèrent plus ardus que prévu.

Yahya Ibn Ibrahim est même mortellement blessé et inhumé sur un des affluents du Bou Regreg. Abou Bakr doit alors se rendre à nouveau dans le désert pour mettre fin à des luttes intestines et il confie alors le commandement des terres septentrionales nouvellement conquises à son cousin, un certain Youssef Ibn Tachfin.

En , ce dernier empêche le retour d' Abou Bakr et fait dès lors de Marrakech , fondée deux ans plus tôt, sa capitale. Toutefois, la soumission des intrépides tribus Zénètes ne fut pas des plus aisées. Ces derniers se rallièrent même ponctuellement aux élites bourgeoises de Fès et de Tétouan , bien décidées à repousser ces tribus dont le puritanisme était aux antipodes des aspirations de raffinement et de luxe importées d' Andalousie.

Des villes du nord, Meknès tomba la première, puis ce fut au tour de Fès ou , des villes du Rif , de Tlemcen et enfin d' Oujda Tanger et Ceuta , fiefs de la dynastie hammudite de Malaga ne cédèrent que vers après un éprouvant siège et subirent de terribles supplices. À l'est, les Almoravides avancèrent jusqu'à Alger Ténès et Oran furent gagnées en Al-Muttawakil de la Taifa de Badajoz fait appel aux Almoravides dès Rapidement, les rois des différentes taifas rallient les armées almoravides.

Les victoires s'enchainent et les armées d' Alphonse VI sont mises en déroutes non loin de Badajoz le 23 octobre Youssef Ibn Tachfin rentre au Maroc régler des affaires internes mais le désordre en Andalousie le pousse à revenir.

Il est néanmoins poussé par les fakihs à revenir, du fait des difficultés lors du siège à Aledo et surtout des divisions entre taifas qu'il considérait personnellement comme une honte pour l' islam. En , un concile almoravide à Algésiras déclara la guerre aux reyes de taifas accusés d'impiété. L'alliance de certains de ces derniers avec des princes chrétiens n'empêcha pourtant pas l'irrésistible avancée des Almoravides à Al-andalus , qui s'acheva en avec la prise de Badajoz et l'impitoyable mise à mort d'Al-Mutawakil et de sa famille.

Les victoires s'enchainent encore face au Cid retranché à Valence. En , après la prise de Valence et alors que les Baléares sont occupées, Youssef Ibn Tachfin décède et son fils, Ali Ben Youssef hérite du trône et du titre d' Emir des Musulmans les Almoravides considèrent le titre de calife réservé aux Abbassides, dont ils reconnaissent la prééminence religieuse.

Fils d'une esclave chrétienne affranchie, il devient par la même occasion maître d'un empire s'étendant du Tage au fleuve Sénégal , du centre de l'Algérie jusqu'aux côtes atlantiques marocaines. Il nomme son frère Temyn gouverneur d' Al-Andalus. Alphonse VI décèdera l'année suivante, en Ali revient alors en Andalousie et remporte les sièges de Madrid , Guadalajara et Talavera.

À l'ouest, les armées almoravides poussent jusqu'à Porto , menaçant même les côtes galiciennes. À l'est, les Baléares servent de base logistique aux razzias menées contre Barcelone. Cependant, les innombrables exploits militaires ne parviennent pas à pallier le mécontentement ambiant en Andalousie où le fragile équilibre entre chrétiens mozarabes , juifs et musulmans est quelque peu rompu par la rigueur religieuse imposée par les conquérants.

L'autodafé des écrits du très populaire Al-Ghazali ne fait qu'amplifier le malaise des élites culturelles, nostalgiques de l'âge d'or du califat omeyyade. La sollicitation par l'armée divine des milices chrétiennes de Reverter pour maintenir l'ordre au Maroc même est mal comprise par les tribus montagnardes du Haut-Atlas , de jour en jour plus mécontentes de l'autoritarisme almoravide.

Mohammad Ibn Toumert est le futur Mahdi autoprocalmé du mouvement almohade ancien empire marocain et le fils d'un amghar , chef de village de la tribu des Harga, dans le Haut Atlas. Rapidement, il entretient une profonde aversion pour l'étroitesse du malékisme régnant en maître en sa patrie.

C'est en qu'il regagne le Maghreb , via Tripoli , puis Tunis et enfin Béjaïa où ses prêches pieuses galvanisent les foules. Ses prêches rencontrent un écho considérable et il clame ouvertement son intention de liguer toutes les tribus insoumises des montagnes contre les Almoravides. Son aura grandissante suscite de jour en jour davantage d'inquiétudes de la part des Almoravides qui lancent contre lui en une expédition militaire commandée par le gouverneur du Souss , Abou Bakr Ben Mohammed El-Lamtouni.

L'expédition est littéralement écrasée. Mais Abd El Moumen et El Béchir contrarièrent ce plan et profitant de l'effet de surprise, ils parvinrent même à assiéger ponctuellement Marrakech , capitale almoravide. Cependant, leurs faiblesses en combat de plaine les poussèrent à se retrancher en toute hâte.

El Béchir mourut suivi quelques mois plus tard, en septembre , par Ibn Toumert. Abd El Moumen succéda d'abord secrètement au fondateur de la secte et privilégia une politique d'alliance avec les tribus de l' Atlas. Pour ce faire, il joua non seulement de ses origines zénètes mais aussi de ce qui restait de cercles d'initiés qu'avait fondé son prédécesseur. Dès , une intense campagne permet aux Almohades de s'attirer les faveurs des oasis du sud. Taza puis Tétouan sont les premières grandes cités à tomber.

S'ensuit ensuite le long et éprouvant siège de Fès qui durera neuf mois durant lesquels Abd El Moumen se charge personnellement de prendre Meknès , Salé et Sebta. La conquête du Maroc s'achèvera finalement en mars par la prise de Marrakech , capitale du désormais déchu empire almoravide et dont le dernier roi Ishaq Ben Ali sera ce jour-là impitoyablement tué.

De manière assez inédite, les premiers efforts militaires d' Abd El Moumen désormais intronisé comme calife de l'Occident musulman pour marquer son indépendance religieuse par rapport aux Abbassides d'Orient se tournent vers l'est du Maghreb , sous le double péril des Normands de Sicile menés par Roger II qui ont pris le contrôle de Djerba et Mahdia et menacent la prospère Bejaïa et des tribus bédouines Banu Hilal envoyées depuis la Haute-Égypte par les souverains fatimides du Caire, furieux de voir Zirides et Hammadides échapper à leur contrôle.

Les opérations lancées s'avèrent largement fructueuses puisque les bédouins sont complètement écrasés à Béjaïa puis Sétif en En , une puissante armée terrestre est levée depuis Salé , secondée par une flotte de soixante-dix navires, obligeant les Normands à se retrancher sur Sfax et Tripoli. Ainsi l'Empire almohade s'étendait-il à la fin des années des rivages de l' océan Atlantique jusqu'au Golfe de Syrte , englobant toute l'Afrique musulmane à l'ouest de l'Égypte.

En Andalousie la fin de la période almoravide a permis la résurgence des reinos de taifas et un regain de vigueur des Chrétiens. En les Castillans s'emparent temporairement de Cordoue. À l'ouest, Lisbonne et Santarem sont prises par les Portugais. Almeria est également prise par les Aragonais pour une décennie entière. Dos au mur, les taifas se voient obligés de faire de nouvel appel aux maîtres du Maghreb.

Ainsi, avant même la prise de Marrakech par les Almohades , Jerez et Cadix s'offrent à ces derniers. Dans le sillage de la prise de Marrakech , des corps expéditionnaires permettent la conquête de tout le sud de la péninsule Grenade , Séville , Cordoue En , Almeria est reprise.

Abd El Moumen décèdera finalement en à Salé. Sous son impulsion fleurissent des arts autrement plus épanouis que sous la dynastie précédente.

Les intellectuels du califat almohade mettent à l'honneur la philosophie antique comme partout ailleurs dans le monde musulman, et plus particulièrement celle d' Aristote dont le rationalisme séduit notamment Averroès. Quant aux Ghuzz, ils sont incorporés dans l'armée almohade pour former des unités d'archers d'élite. Muhammad an-Nasir succède à son père en Dans le même temps, an-Nasir reçoit une étrange proposition d'allégeance de Jean sans Terre , alors en froid avec les souverains chrétiens du continent européen, de faire du lointain royaume d' Angleterre un vassal du califat almohade de Marrakech [ 48 ].

À 16 ans, Yusuf al-Mustansir accède donc au trône. Il en va de même en Andalousie où le gouverneur almohade de Murcie réclame une régence et franchit le détroit pour le faire savoir. À Séville , Al-Mamoun fait sensiblement de même. Les taïfas renaissent de leurs cendres et imposent le malékisme. Son fils, Abd al-Wahid al-Makhlu lui succède en En , son fils Abd al-Wahid ar-Rachid reprit Marrakech et chassa de Fès les Bani Marin , futurs Mérinides ces derniers faisaient payer à la ville et à sa voisine Taza un tribut depuis , permettant de réunifier le Maroc.

Valence lui emboitera le pas deux ans plus tard, puis ce sera au tour de Séville en En , Marrakech tombe. Un siècle et demi plus tard, la boucle almohade est bouclée et la dynastie à l'origine du puissant califat de l'ouest disparaît définitivement. Le point d'orgue de cette relation est l'ambassade d'Abu Al Harith Abderrahman Ibn Moukid envoyé par Saladin auprès de la Cour califale de Marrakech , qui concrétise l'alliance entre Almohades et Ayyoubides. Cette mission débouche sur la participation de la flotte almohade aux opérations maritimes contre les Croisés sur les côtes du Proche-Orient ainsi qu'en mer Rouge.

Après la prise de Jérusalem par Saladin en , une partie de la ville sainte est repeuplée de populations provenant de l'Empire almohade [ 49 ] qui fonderont et habiteront un quartier spécifique [ 50 ] , [ 51 ] , dont l'un des vestiges les plus connus est la Porte des Maghrébins [ 52 ].

La tribu en question est une tribu zénète dont les origines sont issues des Wassin [ 53 ]. La première occurrence de la tribu des Beni Merin dans l' historiographie marocaine coïncide avec leur participation en tant que groupe à la bataille d' Alarcos , bataille finalement remportée par le camp almohade.

Dès , ils se faisaient payer tribut par les cités de Fès et Taza. Les Almohades soucieux de restaurer leur autorité sur tout leur territoire lancent de nombreuses contre-offensives, le plus souvent vaines. Son fils Uthman ben Abd al-Haqq lui succède. Dès , toutes les tribus entre le Bou Regreg et la Moulouya ont fait allégeance aux Mérinides. En , Uthman ben Abd al-Haqq décède, assassiné par son esclave chrétien.

Il décède en , tué par des milices chrétiennes au service des Almohades. Au milieu de la décennie , les troupes almohades sont mises en déroutes à Guercif. Le début de son règne est marqué par une lutte avec son neveu qui réclamait la succession. Ce dernier parvient à prendre Salé. Une première tentative en ce sens se solda par un échec en Yghomracen , célèbre souverain abdalwadide fut défait en Après la pacification totale du territoire et la prise de Sijilmassa aux Abdalwadides , le sultan franchit le détroit et tente de reconstituer la grande Andalousie musulmane des Almohades.

Il est inhumé à Chella. Il rendit Cadix aux Nasrides de Grenade en guise de bonne volonté mais 6 ans plus tard, en , ces derniers, alliés aux Castillans dont ils sont les vassaux, entreprennent de bouter définitivement les Mérinides de la Péninsule Ibérique. Après quatre mois de siège, Tarifa est prise par les Castillans. En donc, Abu al-Hasan ben Uthman surnommé le Sultan noir succède à son père, quelques mois seulement après avoir obtenu son pardon. Tlemcen tombe enfin en Abu al-Hasan ben Uthman est auréolé de gloire.

La bataille de Tarifa , le 30 octobre se solde par une lourde défaite qui signera la fin définitive des ambitions marocaines en terre espagnole. À Tlemcen , Abu Inan Faris est alors intronisé. Ce dernier tentera un vain retour via Alger puis Sijilmassa. Il est finalement défait et tué par les armées de son fils sur les rives de Oum Errabiaa. Chaque vizir tente de porter sur le trône le prétendant le plus faible et manipulable.

Les richesses patiemment accumulées par les souverains précédents sont pillées. Un premier prétendant venu de Castille parvient à se soustraire pour un temps à ce diktat des vizirs. Il parvient à asseoir son autorité en pays Hintata, puis dans le Souss et à Sijilmassa. Le royaume est à nouveau scindé en deux, les zaouïas prenant le pouvoir à Marrakech.

La peste noire provoque de graves ravages. Durant les deux périodes de déclin, la pratique de la piraterie se développe, tant dans le Nord, dans les environs de Tanger et Ceuta , que sur la côte atlantique à Anfa notamment, qui sera d'ailleurs détruite en représailles par les Portugais en En , alors que le Maroc est en proie à une anarchie des plus totales, le roi Henri III de Castille arme une expédition navale destinée à annihiler la pratique de la course depuis Tétouan.

En fait, la ville est non seulement mise à sac mais également totalement vidée de sa population la moitié est déportée en Castille. La dynastie mérinide connait un tragique déclin [ 56 ].

Prince taciturne, il se tourne à nouveau vers Tlemcen. Les documents concernant cette période sont très flous et se contredisent. Cette accession au trône appela bien sûr une régence. Mohammed ibn Ali al-Idrissi al-Amrani al-Joutey arabe: Il ne réussit cependant pas à imposer son autorité bien au-delà de Fès et de sa région.

Le règne de Mohammed ibn Ali dure jusqu'en , date à laquelle il est renversé par Mohammed ach-Chaykh , qui fonde la dynastie des Wattassides [ 57 ]. Cette tribu, qui serait initialement originaire de l'actuelle Libye , était établie dans le Rif , au bord de la Méditerranée. De leur forteresse de Tazouta, entre Melilla et la Moulouya, les Beni Wattas ont peu à peu étendu leur puissance aux dépens de la famille régnante mérinide voir l'article détaillé sur les Wattassides.

Ces deux familles étant apparentées, les Mérinides ont recruté de nombreux vizirs chez les Wattassides. Les vizirs wattassides s'imposent peu à peu au pouvoir. Le dernier sultan mérinide est détrôné en Il s'ensuit une période de confusion qui dure jusqu'en Le Maroc se trouve coupé en deux, avec à Marrakech les émirs Hintata auxquels succède la dynastie arabe émergente des Saadiens , et à Fès le sultanat wattasside déclinant. Plus au nord, à Tétouan et à Chaouen , apparaît une principauté à dominante andalouse peuplée par les réfugiés du royaume de Grenade conquis par les Espagnols catholiques en et dirigée par une femme nommée Sayyida al-Hurra [ 58 ].

Sayyida al-Hurra ou Sitt al-Hurra mène une lutte implacable contre les Portugais qui occupent Ceuta depuis , et contracte une alliance matrimoniale avec les Wattassides en épousant le sultan Abu al-Abbas Ahmad ben Muhammad. Sur le plan stratégique elle joint ses forces à celles de l'amiral turc Arudj Barberousse qui lutte contre les Espagnols en Méditerranée occidentale.

En , les sultans wattassides ont perdu tous leurs territoires d'importance et ne contrôlent plus la rive marocaine du détroit de Gibraltar. Les Portugais prennent possession de Tanger en puis cèdent la ville à l'Angleterre en comme dot apportée par Catherine de Bragance à son époux Charles II d'Angleterre.

Durant la domination portugaise , avec un intermède espagnol entre et , Tanger constitue la capitale de l'Algarve d'Afrique, car il existe alors deux Algarves, celle d'Europe et celle d'Afrique, toutes deux considérées comme territoires relevant personnellement de la dynastie d'Aviz puis de la dynastie de Bragance le roi du Portugal porte aussi le titre de roi des Algarves. Durant la domination anglaise, Tanger est une place forte stratégique, dotée d'un statut spécial et élisant des représentants à la Chambre des communes à Londres , mais l'entretien d'une garnison importante se relève trop coûteux aux yeux de l'opinion anglaise [ 59 ].

Cela pousse Charles II à faire évacuer la place, qui est prise par les troupes marocaines du sultan Moulay Ismail en Sous les règnes successifs d' Alphonse V , Jean II et Manuel I er période marquant l'apogée de l'expansion portugaise l'Algarve africaine englobe presque tout le littoral atlantique marocain, à l'exception de Rabat et de Salé.

Ces possessions forment des fronteiras , équivalent portugais des presidios espagnols, et sont utilisées comme escales sur les routes maritimes du Brésil et de l' Inde portugaise. Néanmoins la plus grande partie du Maroc portugais est reconquise par les Saadiens en La dernière fronteira de la Couronne lusitane est Mazagan, récupérée par les Marocains en Les Espagnols pour leur part s'attribuent la côte méditerranéenne avec les présides de Melilla et le rocher de Vélez de la Gomera, ainsi que la région de Tarfaya faisant face aux îles Canaries.

Ils prennent également le contrôle de Ceuta à l'issue de la débâcle portugaise à la Bataille des Trois Rois qui se solde par l' Union ibérique Les Wattassides affaiblis donnent finalement le pouvoir à une dynastie se réclamant d'une origine arabe chérifienne les Saadiens en En , sept siècles après la conquête musulmane de la péninsule Ibérique , le dernier royaume musulman en Espagne, Grenade , est reconquis par les rois catholiques.

Par ailleurs les ultimes descendants de la dynastie nasride menés par Boabdil se réfugièrent à Fès après la chute du dernier royaume musulman andalou de Grenade. L'exode de ce peuple, que le pays devra intégrer dans ses tissus sociaux et économiques, va marquer un nouveau tournant dans la culture, la philosophie, les arts et la politique.

L'immigration andalouse sera plus délicate dans certaines villes marocaines. Les Moriscos installés à Rabat dite Salé-le-Neuf et Salé aussi dite Salé-le-Vieil formèrent une république corsaire inspirée des Régences barbaresques d'Alger et de Tunis, vivant de courses commerciales fructueuses qui les emmenèrent à négocier avec de nombreux États Espagne, Portugal, France, Angleterre, Hollande.

Les Saadiens, appelés parfois Zaydanides [ 61 ] , constituent une dynastie arabe chérifienne originaire de la vallée du Draâ. Elle arrive au pouvoir en avec le sultan Muhammad al-Mahdi al-Qaim bi-Amr Allah et choisit Marrakech pour capitale définitive après Taroudant.

À partir de elle contrôle entièrement le Maroc, alors que le Maghreb central et oriental est sous la domination des Ottomans.

Mohammed ech-Cheikh est un adversaire résolu du sultan-calife ottoman Soliman le Magnifique. Cependant en les troupes turques de Salah Raïs bousculent le dispositif saadien établi autour de Tlemcen, et poussent l'offensive jusqu'à Fès avec l'intention d'occuper la moitié nord du Maroc et de l'incorporer à l'Empire ottoman [ 62 ].

Alors que l'armée commandée par le pacha d'Alger s'apprête à pénétrer dans la vallée du Sebou , une sortie des forces espagnoles du comte d'Alcaudete, gouverneur d'Oran, oblige les Ottomans à évacuer précipitamment leur éphémère conquête marocaine et à revenir défendre l'Ouest algérien menacé par les Espagnols. Ce retrait turc est profitable aux Saadiens qui récupèrent ainsi Fès et les marches orientales du nord-est marocain.

Charles Quint a également évité de voir les Ottomans atteindre la rive sud du détroit de Gibraltar et devenir ainsi des voisins directs de l'Espagne [ 63 ]. L'alliance stratégique hispano-saadienne a montré ainsi son efficacité. Marrakech retrouve une partie de sa gloire de l'époque almohade.

Les sultans font bâtir des médersas la célèbre medersa Ben Youssef , des mosquées, réaménagent les jardins comme celui de la Ménara , mais c'est surtout le fabuleux palais El Badi , réalisé en matériaux précieux, qui contribue au rayonnement de la capitale saadienne et à la réputation fastueuse de la dynastie.

L'attrait culturel pour le Maroc s'exprime jusqu'en Europe avec les écrits d' Agrippa d'Aubigné et ceux de Montaigne [ 69 ] , mais aussi avec William Shakespeare et son Othello. Ahmed al-Mansur, qui maîtrise parfaitement l' italien appris au cours de son exil de jeunesse à Alger , entretient une correspondance avec Élisabeth Ire d'Angleterre , Henri III et Henri IV , et se montre fort intéressé par les avancées techniques de l' Occident.

Le prestige des Saadiens auprès des chancelleries européennes remonte à la Bataille des Trois Rois à Ksar El Kébir le 4 août , au cours de laquelle l'armée du sultan Abdelmalik met en déroute la croisade du roi Sébastien I er du Portugal , marquant ainsi la fin définitive de l'hégémonie portugaise sur la façade atlantique du Maghreb. La dynastie s'achève avec le règne du dernier sultan El Abbas tué en dans une lutte de pouvoir au sein de son propre entourage lors d'un assaut des membres de sa famille maternelle, sa mère étant issue de la tribu des Chbannat et donc d'une ascendance non saadienne.

Mohamed Nefs Zakya fut proclamé Mahdi en et tué au combat en Théologien éminent, il a laissé la réputation d'un saint homme et vécut sous le règne du calife Al-Mansour. Après sa mort prématurée en , son successeur Moulay Mohammed I er décide de reprendre les rênes et continue ce que son père avait commencé.

Organisateur méticuleux et fin stratège, il va prendre graduellement le pouvoir aux Saadiens en plein déclin depuis la mort d'al-Mansur en Les rivaux potentiels, comme la puissante zaouïa de Dila dans le Tadla , et le royaume soufi du Tazeroualt dirigé par les Semlalides, États locaux à base théocratique et tribale, sont vaincus et soumis.

Moulay Rachid devient sultan du Maroc en et écrase les révoltes qui sévissent encore à Marrakech. Une chute de cheval qui lui est fatale projette son successeur, Moulay Ismail , à la tête du sultanat en Ce qui permettra enfin à l'Empire chérifien d'accéder à la puissance, à la sécurité et à la crédibilité auprès de ses partenaires et de ses adversaires étrangers.

Moulay Ismaïl forme une grande armée composée essentiellement d'esclaves-soldats noirs originaires d' Afrique de l'Ouest , les Abid al-Bukhari , équivalent marocain des janissaires et des mamelouks de l' Empire ottoman et de soldats issus de tribus militaires arabes tribus guich comme les Oudayas.

Grâce à cette force dont l'effectif atteint hommes [ 70 ] Ismaïl mène une guerre continuelle contre les tribus rebelles du Moyen et du Haut-Atlas qu'il finit par soumettre mais aussi contre les ennemis extérieurs: Le sultan étend l'autorité chérifienne sur la Mauritanie jusqu'au fleuve Sénégal grâce au concours des émirs maures et hassanis de l' Adrar , du Trarza et du Brakna , réaffirmant la souveraineté du makhzen sur le pays de Bilad Chenguitt.

À l'est, les oasis du Touat reconnaissent l'autorité du pouvoir central de Meknès. Durant les années , Ismaïl livre également des campagnes militaires contre quelques-uns de ses propres fils désireux de se tailler des principautés dans le Souss , à Marrakech et dans l' Oriental.

De à le Maroc connaît une grave crise dynastique au cours de laquelle les Abids font et défont les sultans, tandis que les tribus guich se soulèvent et razzient les villes impériales.

Les autres tribus profitent de l'anarchie pour entrer en dissidence siba. De cette période troublée émerge la personnalité du sultan Abdallah II , renversé et rétabli à plusieurs reprises entre et Sa mère la sultane douairière Khnata bent Bakkar , veuve de Moulay Ismail issue de l'une des plus prestigieuses tribus des provinces sahariennes, joue alors un rôle prédominant de régente et tente de préserver les institutions fondamentales de l'Empire [ 71 ].

Abdallah doit subir les sécessions de ses demi-frères qui fondent des quasi-royaumes dans chacune des provinces qu'ils contrôlent Gharb, Fès, Marrakech, Tafilalt , avec l'appui des différentes factions armées des Abids ou des guich. Les habitants de Salé et de Rabat renouent avec l'autonomisme corsaire, tandis que dans le Nord les pachas de la famille Rifi établissent une véritable dynastie qui contrôle Tanger et Tétouan.

Les puissantes confédérations tribales berbères naguère soumises au makhzen ismailien, comme les Aït Idrassen et les Guerrouanes , rentrent en dissidence politique et s'emparent du trafic caravanier qui relie les centres commerciaux de l'Empire chérifien aux oasis sahariennes et au Soudan marocain.

Les gouverneurs de Tombouctou se comportent également en princes indépendants et font reculer l'autorité marocaine dans la région de la boucle du Niger en traitant séparément avec les Touaregs et les Peuls. L'ordre est rétabli par Mohammed III - qui restaure l'unité du sultanat et l'autorité du makhzen.

La politique de Mohammed III se caractérise par l'ouverture diplomatique et commerciale de l'État marocain qui entend percevoir les taxes douanières afin d'alléger la pression fiscale intérieure [ 72 ]. Des traités sont conclus avec les principales puissances européennes royaume de France , Royaume de Grande-Bretagne , royaume d'Espagne , royaume de Naples , république de Venise , royaume de Suède , Autriche , qui entretiennent des consulats et des compagnies de commerce dans les ports marocains fondés par Mohammed III.

L'exemple le plus connu des nouvelles places économiques est Mogador Essaouira , entièrement crée et conçue par l'ingénieur français Théodore Cornut pour le compte du souverain chérifien. Les ports d' Anfa Casablanca et de Fédala Mohammédia sont également aménagés et symbolisent le développement du littoral atlantique, libéré de toute occupation étrangère après la reconquête de Mazagan qui marque la fin définitive du Maroc portugais en Le sultan établit une amitié épistolaire avec George Washington [ 73 ] , ce qui vaut aux États-Unis, en vertu de la "politique de la porte ouverte", de conclure avec le Maroc un traité de paix, d'amitié et de commerce le 16 juillet pour une durée de cinquante ans, renouvelé par le traité de Meknès de [ 74 ].

Le sultan ferme le pays au commerce étranger, notamment européen, et supprime les postes de douane créés par son père. Sur le plan interne ses dahirs d'inspiration ouvertement salafiste provoquent des révoltes tribales et urbaines, liées à sa décision d'interdire les moussems et le soufisme militant des zaouïas très influentes dans certaines régions.

Les Berbères du Moyen-Atlas , notamment les Aït Oumalou, se regroupent sous la direction du chef de guerre Boubker Amhaouch et forment une grande coalition tribale à laquelle se joignent même les Rifains et la puissante zaouïa d' Ouezzane [ 75 ].

Durant les années , l'armée makhzen essuie ainsi de lourdes défaites entraînant la chute de Fès et le repli du sultan sur les provinces de l'ouest qui lui sont restées loyales. Les tribus insurgées et la ville de Fès vont jusqu'à essayer d'imposer les princes Moulay Ibrahim et Moulay Saïd, fils de l'ancien sultan Yazid et neveux de Sulayman sur le trône chérifien, mais finissent par échouer dans leur tentative de changement du pouvoir [ 76 ].

Sur le plan extérieur, le sultan parvient à écarter les velléités de pression exercées par Napoléon Ier et par son frère Joseph Bonaparte intronisé roi d'Espagne à Madrid , proches voisins de l'Empire chérifien depuis l' occupation de la péninsule Ibérique par les troupes françaises en , et affiche une neutralité bienveillante à l'égard des Britanniques qui occupent les présides espagnols du Maroc depuis Sulayman noue des relations diplomatiques avec Saoud ben Abdelaziz , prince de l' Émirat saoudien du Najd en Arabie , manifestant un intérêt certain pour le salafisme wahhabite en pleine progression [ 77 ].

Ce rapprochement stratégique s'explique par les affinités anti-ottomanes que partagent le souverain alaouite et l'émir saoudien, ainsi que par les sensibilités salafistes du sultan [ 78 ].

Profitant de sa campagne militaire contre les Turcs d'Algérie, Moulay Sulayman parvient à expulser définitivement les troupes ottomanes du bey d'Oran qui occupaient le Maroc oriental et à rétablir ainsi son pouvoir sur le Touat et les autres oasis du Sahara central, en y nommant des caïds représentants du makhzen. Le sultan finit néanmoins par abdiquer en au profit de son neveu Abd ar-Rahman ibn Hicham , après la lourde défaite infligée à l'armée makhzen par la zaouia Cherradia près de Marrakech [ 79 ].

Moulay Abd ar-Rahman essaie de sortir l'Empire chérifien de son isolement extérieur, mais ses volontés sont contrecarrées par les premières agressions du colonialisme européen moderne. Une étude quantitative de la demande centrée sur le marché français fournit des informations sur les attentes des utilisateurs selon les générations et les niveaux de vie. Sur chacun de ces marchés, les stratégies des offreurs sont analysées ainsi que les business models. Les transitions énergétiques des pays européens créent de nouvelles opportunités de valorisation des capacités flexibles décentralisées.

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Cette dynamique a cependant été contrecarrée par le rempart naturel que constituent les chaînes de l' Atlas et du Rif , que ce soit au Maroc ou dans le reste du Maghreb. Néanmoins la plus grande partie du Maroc portugais est reconquise par les Saadiens en Vue le nombre de touristes escompté à cette date, il parait difficile d'atteindre ce chiffre sans développer le trafic aérien interne qui à défaut de sa libéralisation reste encore assez onéreux et restreint.

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